L'agrivoltaïsme consiste à installer des panneaux photovoltaïques sur une parcelle agricole de sorte qu'ils servent directement la production agricole, qui reste l'activité principale. En France, ce n'est plus une simple appellation commerciale : depuis la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables (loi APER) et son décret d'application du 8 avril 2024, une installation ne peut se dire agrivoltaïque que si elle respecte des conditions précises et contrôlées.
La définition légale de l'agrivoltaïsme
L'article 54 de la loi APER, codifié à l'article L.314-36 du code de l'énergie, définit l'installation agrivoltaïque comme une installation photovoltaïque dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l'installation, au maintien ou au développement d'une production agricole.
Pour être qualifiée d'agrivoltaïque, l'installation doit apporter directement à la parcelle au moins un des quatre services suivants :
- l'amélioration du potentiel et de l'impact agronomiques ;
- l'adaptation au changement climatique ;
- la protection contre les aléas (grêle, gel, coups de chaleur) ;
- l'amélioration du bien-être animal.
Elle doit en outre garantir une production agricole significative et un revenu durable à l'agriculteur actif qui exploite la parcelle. Une centrale au sol posée sur un terrain où l'agriculture devient secondaire ne relève pas de l'agrivoltaïsme.
Les règles fixées par le décret du 8 avril 2024
Le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 traduit ces principes en critères mesurables, aux articles R.314-108 à R.314-120 du code de l'énergie.
Une perte de rendement agricole limitée à 10 %
La production agricole est jugée significative si le rendement moyen par hectare de la parcelle équipée reste supérieur à 90 % de celui d'une zone témoin ou d'un référentiel local (article R.314-114). Le préfet peut, sur demande justifiée, admettre une baisse plus forte, par exemple après un aléa imprévisible.
Une zone témoin sans panneaux
La zone témoin sert de point de comparaison. Elle doit représenter au moins 5 % de la surface agrivoltaïque, dans la limite d'un hectare, être située à proximité, sans panneaux ni ombrage, dans des conditions de sol et de climat équivalentes, et être cultivée de la même façon.
Un taux de couverture plafonné à 40 % au-delà de 10 MWc
Le taux de couverture correspond au rapport entre la surface maximale projetée au sol des modules et la surface de la parcelle. Pour les installations de plus de 10 MWc qui ne relèvent pas d'une technologie éprouvée, il ne peut pas dépasser 40 % (article R.314-118). Pour les technologies éprouvées, le décret renvoie à un arrêté pour fixer la valeur maximale par type de technologie.
Des contrôles réguliers
L'installation est contrôlée avant sa mise en service, puis la sixième année, puis à intervalles réguliers : tous les ans dans le cas général, tous les trois ans si le taux de couverture est inférieur à 40 %, tous les cinq ans pour les technologies éprouvées (article R.314-120). L'exploitant transmet aussi chaque année à l'ADEME ses données de production énergétique et agricole.
Un arrêté du 5 juillet 2024 précise le contenu des rapports de contrôle et les garanties financières de démantèlement.
Où en est l'agrivoltaïsme en France
La filière est jeune. L'observatoire de l'agrivoltaïsme lancé par l'ADEME recensait 227 installations en mars 2026 : 191 antérieures à la loi APER, 42 démonstrateurs et seulement 2 relevant du nouveau régime. Les projets se multiplient pourtant, notamment dans le Sud, où l'ombrage des panneaux protège les cultures et les troupeaux des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents.
Cette dynamique pose une question que les textes ne traitent pas : celle de l'exploitation au quotidien, et en particulier de l'entretien des panneaux.
Pourquoi une centrale agrivoltaïque s'encrasse plus vite
Sur une centrale au sol classique, la végétation est entretenue au minimum et rien ou presque ne soulève de poussière. Sur une parcelle agrivoltaïque, l'activité agricole se poursuit sous les panneaux :
- travail du sol, semis et récoltes, qui remettent des particules en suspension ;
- pollens des cultures et des prairies ;
- fientes d'oiseaux, attirés par les grains et les cultures ;
- présence des animaux en élevage, qui soulève poussière et terre sèche ;
- sur l'arc méditerranéen, les épisodes de sable saharien, plusieurs fois par an.
Ces dépôts réduisent directement la production électrique. Les fientes sont les plus pénalisantes : en ombrant une cellule, elles font chuter la production du module, et par ricochet de la chaîne et peuvent provoquer des points chauds. Nous détaillons ces mécanismes dans notre article sur le rendement perdu après l'été et sur l'effet du sable saharien.
Entretenir les panneaux sans pénaliser l'agriculture
Le nettoyage d'une centrale agrivoltaïque ne peut pas reprendre tel quel les pratiques d'une centrale au sol. Quatre contraintes changent la façon de travailler.
Rien ne doit retomber sur les cultures ni les animaux
Détergents, additifs et produits de traitement sont à exclure. Un nettoyage à l'eau filtrée, sans produit chimique, laisse ruisseler uniquement la poussière retirée des modules. C'est aussi la méthode qui préserve le verre et les garanties des fabricants.
Le calendrier se cale sur l'exploitation
Le bon moment n'est pas seulement celui où les panneaux sont sales. On intervient après une récolte, hors des périodes de traitement des cultures, et quand le troupeau est sur une autre parcelle. Le planning se construit avec l'agriculteur et l'exploitant de la centrale.
La zone témoin ne doit pas être perturbée
Le passage des équipes et du matériel doit éviter la zone témoin, dont les rendements servent de référence lors des contrôles. Une erreur à ce niveau fausse la comparaison qui conditionne la qualification agrivoltaïque.
Des structures souvent hautes et espacées
Pour laisser passer les engins agricoles ou les animaux, les panneaux sont souvent surélevés, espacés, parfois montés sur trackers. Un repérage permet de choisir entre le robot, qui travaille sur les tables accessibles, et le drone, qui atteint les structures hautes sans nacelle ni engin lourd sur la parcelle.
À quelle fréquence nettoyer une centrale agrivoltaïque ?
Un passage par an constitue une base, idéalement avant la saison de forte production. Sur une parcelle très poussiéreuse (grandes cultures, élevage, proximité d'une route ou d'une carrière) ou exposée au sable saharien, un second passage se justifie souvent. Le plus fiable reste de mesurer l'encrassement réel et le gain de production attendu avant de fixer une fréquence. Une thermographie par drone, réalisée dans le même déplacement, repère en plus les modules défectueux et les points chauds.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'agrivoltaïsme ?
C'est l'installation de panneaux photovoltaïques sur une parcelle agricole de sorte qu'ils rendent un service direct à l'agriculture (protection contre les aléas, adaptation au climat, potentiel agronomique ou bien-être animal), la production agricole restant l'activité principale. La définition légale figure à l'article L.314-36 du code de l'énergie, issu de la loi APER du 10 mars 2023.
Quelle est la différence entre une centrale agrivoltaïque et une centrale au sol ?
Une centrale au sol produit de l'électricité sur un terrain dont c'est l'usage principal. Une centrale agrivoltaïque doit maintenir une production agricole significative, au moins 90 % du rendement d'une zone témoin, et rendre un service à la parcelle. Elle est contrôlée avant sa mise en service puis régulièrement.
Quel est le taux de couverture maximal en agrivoltaïsme ?
Pour les installations de plus de 10 MWc qui ne relèvent pas d'une technologie éprouvée, le taux de couverture ne peut pas dépasser 40 % de la parcelle (article R.314-118 du code de l'énergie). Pour les technologies éprouvées, le décret renvoie à un arrêté pour fixer la valeur maximale.
Faut-il nettoyer les panneaux d'une centrale agrivoltaïque ?
Oui, souvent davantage qu'une centrale au sol : le travail du sol, les récoltes, les pollens, les fientes et les animaux encrassent les modules plus vite. Un à deux passages par an, selon la mesure de l'encrassement, permettent de récupérer la production perdue par encrassement.
Le nettoyage des panneaux est-il compatible avec les cultures et l'élevage ?
Oui, à condition de travailler à l'eau filtrée, sans détergent ni produit chimique, et de planifier l'intervention avec l'agriculteur : après une récolte, hors périodes de traitement et en l'absence du troupeau, en évitant la zone témoin.
Notre approche
Basés à Montpellier, nous nettoyons les centrales solaires par robot et par drone, sans produit chimique et sans arrêt de production, avec nos propres pilotes certifiés DGAC. Sur une centrale agrivoltaïque, nous planifions l'intervention avec l'exploitant de la centrale et l'exploitant agricole. Découvrez notre offre de nettoyage de panneaux solaires et de thermographie par drone.
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Sources : loi n° 2023-175 du 10 mars 2023, article 54 ; code de l'énergie, articles L.314-36 et R.314-108 à R.314-120 ; décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 (Légifrance) ; arrêté du 5 juillet 2024 relatif au développement de l'agrivoltaïsme ; ADEME, observatoire de l'agrivoltaïsme, comité de pilotage de mars 2026.
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