Depuis la loi APER du 10 mars 2023, les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² doivent être ombragés sur au moins la moitié de leur surface, dont une partie par des ombrières photovoltaïques. Le cadre a été assoupli depuis : la loi du 26 novembre 2025 a réduit la part d'ombrières exigée et ouvert des reports d'échéance, dont le décret du 7 septembre 2026 fixe les conditions. Voici ce qui s'applique aujourd'hui, puis ce qui détermine le rendement réel d'une ombrière une fois installée.
Quels parkings sont concernés ?
L'obligation, prévue à l'article 40 de la loi APER, vise les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², quel que soit leur usage : centres commerciaux, sites tertiaires, plateformes logistiques, établissements publics. Les parkings gérés en concession ou en délégation de service public suivent un calendrier propre, lié au renouvellement du contrat.
Le décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024 précise le mode de calcul de la superficie et les cas d'exonération : contraintes techniques, de sécurité, architecturales, patrimoniales ou environnementales, impossibilité de respecter l'obligation dans des conditions économiquement acceptables, ou ombrage déjà assuré par des arbres sur au moins la moitié de la surface.
Ce que la loi du 26 novembre 2025 a changé
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025, de simplification du droit de l'urbanisme et du logement, a assoupli l'obligation sans la supprimer :
- le taux d'ombrage reste fixé à 50 % de la surface du parking ;
- la part couverte par des ombrières photovoltaïques passe à 17,5 % minimum de la surface, contre la moitié auparavant ;
- le reste de la surface à ombrager peut l'être par de la végétation ;
- l'obligation peut aussi être remplie par un autre dispositif de production d'énergie renouvelable, s'il produit autant que les ombrières qu'il remplace ;
- le plan local d'urbanisme ne peut plus interdire ni limiter l'installation d'ombrières.
Les échéances et les reports possibles
Pour les parkings existants hors concession, les échéances de la loi APER restent le 1er juillet 2026 pour les parkings de 10 000 m² et plus, et le 1er juillet 2028 pour ceux de 1 500 à 10 000 m².
La loi du 26 novembre 2025 permet de les reporter si le propriétaire signe, dans les délais, un contrat d'engagement avec acompte puis un bon de commande portant sur des panneaux qui répondent à des critères stricts de performance et de résilience, fixés par le décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026 :
- parkings de 10 000 m² et plus : contrat avec acompte signé au plus tard le 30 juin 2026, bon de commande avant le 31 décembre 2026, installation avant le 1er janvier 2028 ;
- parkings de 1 500 à 10 000 m² : contrat avec acompte au plus tard le 30 juin 2027, bon de commande avant le 31 décembre 2027, installation avant le 1er janvier 2030.
Les panneaux doivent notamment afficher un rendement supérieur à 22 %, une perte d'efficacité inférieure à 0,4 % par an, une empreinte carbone inférieure à 740 kgCO₂eq/kWc, une garantie produit d'au moins 12 ans et une garantie de performance d'au moins 30 ans, avec des exigences sur le lieu d'assemblage des modules, qui doivent être assemblés dans l'Espace économique européen pour les parkings de moins de 10 000 m². Leur respect doit être attesté par un organisme certificateur accrédité.
Une ombrière s'encrasse plus vite qu'une centrale au sol
Une fois installée, une ombrière vit dans un environnement plus salissant que la plupart des centrales solaires :
- une faible inclinaison : plus un module est incliné, mieux la pluie entraîne les dépôts ; les ombrières, souvent proches de l'horizontale pour couvrir les places, les retiennent davantage, surtout en bas de cadre ;
- les particules de freinage et les résidus d'échappement, qui forment un film gras que la pluie ne retire pas ;
- les fientes d'oiseaux, nombreuses autour des parkings commerciaux, qui créent des points d'ombrage très pénalisants ;
- les pollens des arbres plantés sur le parking, d'autant plus nombreux que la loi encourage désormais la végétalisation.
Avec un prix de rachat de l'électricité solaire en baisse et des heures de prix négatifs de plus en plus nombreuses en milieu de journée, chaque kilowattheure perdu par encrassement pèse davantage sur la rentabilité. Nous l'expliquons dans notre article sur les prix négatifs.
Entretenir des ombrières sans fermer le parking
Sur un parking, la vraie contrainte est commerciale : on ne ferme pas un parking de centre commercial pour nettoyer des panneaux. La méthode doit donc s'adapter au site :
- une intervention par zones, en ne neutralisant que le périmètre de sécurité en cours de traitement ;
- des créneaux hors ouverture sur les sites très fréquentés : tôt le matin, le soir ou le week-end ;
- pas de nacelle entre les voitures : le robot travaille sur les panneaux, le drone atteint les structures hautes ou difficiles d'accès ;
- de l'eau filtrée, sans détergent, qui préserve le verre et les garanties des fabricants.
Une thermographie par drone dans le même déplacement permet de repérer les modules défectueux et les points chauds, un point que regardent de plus en plus les assureurs, comme nous l'expliquons à propos du référentiel APSAD D20.
À quelle fréquence nettoyer une ombrière ?
Un passage par an est la base sur un site standard, idéalement au printemps, après les épisodes de sable saharien et avant la saison de forte production. Sur un parking très fréquenté, en bord de route à fort trafic ou près du littoral, deux passages par an sont souvent plus rentables. La bonne fréquence se décide en mesurant l'encrassement réel et le gain de production attendu.
Questions fréquentes
Quels parkings doivent installer des ombrières photovoltaïques ?
Les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², quel que soit leur usage. Ils doivent être ombragés sur la moitié de leur surface, dont au moins 17,5 % par des ombrières photovoltaïques depuis la loi du 26 novembre 2025, le reste pouvant être végétalisé. Des exonérations existent pour contraintes techniques, patrimoniales ou environnementales, ou lorsque le coût n'est pas économiquement acceptable.
Quelle est la date limite pour installer des ombrières sur un parking ?
Le 1er juillet 2026 pour les parkings de 10 000 m² et plus, le 1er juillet 2028 pour ceux de 1 500 à 10 000 m². La loi du 26 novembre 2025 permet de reporter ces échéances au 1er janvier 2028 et au 1er janvier 2030 si le propriétaire s'engage dans les délais sur des panneaux répondant aux critères de performance et de résilience fixés par le décret du 7 septembre 2026.
La loi impose-t-elle l'entretien des ombrières ?
Non. L'obligation porte sur l'installation. L'entretien relève de l'intérêt économique du propriétaire ou de l'exploitant : c'est lui qui détermine la production réelle, donc le retour sur investissement des ombrières.
Faut-il fermer le parking pour nettoyer les ombrières ?
Non. Le nettoyage se fait par zones, en neutralisant seulement le périmètre de sécurité en cours de traitement, et en dehors des heures d'ouverture sur les sites très fréquentés.
Une ombrière se nettoie-t-elle avec la pluie ?
Mal. Les ombrières sont souvent peu inclinées, et le dépôt typique d'un parking (fientes, particules de freinage, résidus d'échappement) forme un film gras que la pluie ne retire pas, contrairement à une poussière minérale sèche.
Notre approche
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Sources : loi n° 2023-175 du 10 mars 2023, article 40 ; décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024 ; loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 ; décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026 ; photovoltaique.info (HESPUL), obligations de solarisation ; cabinet Seban & Associés, report des échéances de solarisation des parcs de stationnement.
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